[Séminaire ATILF / Genre et Langage] : Sandra Tomc : Construction discursive d’une identité sexuée et genrée chez des filles allophones à l’école

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L'école est, dans son ensemble, une structure sociale qui se dissimule sous l'apparente évidence de la naturalité des deux sexes et de leur hiérarchisation et dans laquelle s'exercent les rapports de domination. L’école ne dépasse pas le modèle de binarité des sexes traditionnel ; le métier d’élève consiste également à intégrer les normes de genre, apprendre à devenir un homme ou une femme.
Les « différences tiennent à une multitude de mécanismes quotidiens, parfois très fins, en général inconscients qui font que filles et garçons vivent à l’école quelque chose de profondément différent »  (Duru-Bellat, 1990).

L'école tend à renforcer les stéréotypes de féminité et de masculinité à travers des pratiques mais aussi le langage :
« le genre ne se (disant) pas une fois pour toutes, ni descriptif ni déclaratif, il doit se répéter sans cesse » (Dorlin, 2008).
Si la langue permet aux individus de se définir et de définir leur rapport aux autres, elle est aussi l'outil par lequel se construit l'identité. Cette identité se bâtit en lien avec les « choix » linguistiques de l’individu et fait de lui
« un sujet historique en devenir par les langues et le langage » (Molinié, 2002).

L’école contribue donc à renforcer les identités de sexe et de genre constituées dans l'espace familial et social. Notre intervention porte sur l’impact de l’école sur l’émergence du genre et la construction discursive d’une identité sexuée chez les filles allophones. En d’autres termes, ces usages différenciés de soi ont des conséquences sur la constitution cognitive et subjective des apprenant-e-s.

Ainsi, les références du savoir peuvent-elles être revues dans une perspective non-sexiste, les outils pédagogiques révisés dans une logique de non-sexisme et de non-binarité, les pratiques de classe réorganisées pour ne pas contribuer à la reproduction sociale des stéréotypes de masculinité et de féminité, et  l'apprentissage de la langue peut-il être le lieu de mise au jour de la performance genrée ? (Perry, 2003). L’idée est que des changements en matière d’effacement partiel du genre, pour réduire l’inégalité entre les filles et les garçons, et par conséquent entre les femmes et les hommes sont à l’ordre du jour.

Tags: atilf

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