Séminaire F.L.Wright - Reinterpreting Wright, through His Archive and His Works - Neil LEVINE
26 novembre 2015
Cinquième séance du séminaire de Master Histoire, Patrimoines, Études européennes, spécialité Patrimoines et archéologie (Master 1 & 2) consacré à l’architecte américain Frank Lloyd Wright, organisé en partenariat avec le Musée d’Orsay (Paris). La séance est assurée en anglais puis en français par Neil Levine, Emmet Blakeney Gleason Professor of History of Art and Architecture (Modern Architecture) de la Harvard University.
Le propos de Neil Levine commence avec le récit de sa propre découverte de l’œuvre de Frank Lloyd Wright et un état des lieux de l’approche scientifique qui était faite de cette figure de l’histoire de l’architecture au milieu des années 1970. C’est en découvrant sur le terrain la Baird House à Amherst qu’est né l’intérêt de Neil Levine pour le maître de Taliesin. Des prospections en archives (à une époque où celles-ci étaient difficilement accessibles) ont renforcé cet attrait. Les premiers travaux scientifiques ont porté sur la maison Barnsdall à Los Angeles et donnent un premier exemple de réinterprétation de l’œuvre de Wright.
Suit une étude attentive du Solomon R. Guggenheim Museum de New York à travers l’observation fine des dessins de l’architecte. Deux détails, peu remarqués ou inconnus jusqu’alors, fournissent de nouvelles clés de lecture pour comprendre ce chef-d’œuvre de l’histoire de l’architecture : une enfant jouant au yoyo témoigne de l’ouverture vers le grand public de ce musée d’art moderne et l’inscription du mot « ziggurat » à l’envers sur une étude préparatoire assoit l’idée que le musée est conçu comme une ziggourat inversée.
Une brève séquence est ensuite consacrée au projet urbain de Broadacre city (1929-1935) dont la première idée est développée avant même la crise de 1929 et se présente comme une réponse aux conceptions urbaines de Le Corbusier. Wright y développe l’idée d’un « Ruralisme » contre « L’urbanisme » du Franco-suisse.
Le site de Taliesin West fournit une toute autre vision de l’œuvre de Wright où l’inscription dans le temps long et dans l’histoire du lieu est primordiale. L’analyse porte principalement sur les rochers portant des dessins et inscriptions anciennes (œuvres des Native Americans) que Wright a savamment articulés avec le plan de ce lieu de travail et de résidence en plein désert.
Enfin, la conférence s’achève avec l’analyse de Fallingwater s’appuyant sur l’expérience réelle de la visite depuis la forêt jusqu’au cœur de la maison. Neil Levine démontre l’importance des sensations sonores produites par la cascade présente sous la maison. Expérience fondée sur l’attente de la découverte de cette cascade que l’on entend mais qu’on ne voit pas, ce qui induit un rapport au temps tout à fait spécifique.
La séance s’achève par une longue séquence de questions en français, fournissant à Neil Levine l’occasion de revenir sur le fonctionnement de l’agence de Wright (qui fait les dessins ?), sur l’articulation entre Broadacre City et les maisons usoniennes ou encore sur la difficulté de mener des recherches sur un architecte qui a tant écrit et oriente donc le point de vue que l’on peut avoir sur son œuvre.
Infos
- Eric Dupal
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- Neil LEVINE (Contributeur)
- 10 février 2016 00:00
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